Salle de presse

Avant même la crise que provoque la propagation de la COVID-19, les jeunes en besoin de protection étaient confrontés plus durement aux enjeux de la transition vers la vie adulte. Ils souffrent souvent d’une plus grande précarité d’emploi et de conditions salariales plus défavorables que la moyenne, évoluent dans un environnement scolaire mal adapté à leurs besoins et ont parfois un accès difficile aux services, notamment en santé mentale. La crise liée à la COVID-19 risque d’exacerber ces inégalités, voire d’en créer de nouvelles. Donnant suite à la comparution de son directeur général l’automne dernier, l’Observatoire québécois des inégalités a récemment déposé un mémoire à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse afin d’alimenter ses réflexions en lien avec les chances de succès de la transition vers la vie adulte des jeunes en besoin de protection, et ainsi réduire les inégalités que vit ce groupe particulièrement vulnérable.

Faits saillants :

  • Les travaux de la Commission présidée par Régine Laurent demeurent essentiels pour l’avenir des jeunes en besoin de protection du Québec. Le rapport final est attendu au plus tard le 30 novembre 2020.

  • À 17 ans, les jeunes placés sont bien plus nombreux à décrocher (37 %) que l’ensemble des jeunes québécois (8 %). Ils sont près de cinq fois moins nombreux à avoir atteint le secondaire 5 que les autres jeunes québécois.

  • Les jeunes en besoin de protection sont confrontés plus durement aux enjeux environnementaux de la transition vers la vie adulte – la qualité et l’accessibilité du système d’éducation, des services sociaux et de santé, du filet de sécurité sociale et des ressources communautaires – qui tendent à créer de nouvelles inégalités.

  • Le succès des interventions pour une transition réussie vers la vie adulte repose sur la participation d’une multiplicité d’acteurs, une prise en charge précoce et adaptée, l’établissement d’un lien de confiance entre le jeune et un ou plusieurs adultes significatifs et l’accès universel aux programmes.

  • L’Observatoire a identifié dix-sept pistes de réflexion pouvant favoriser la transition à la vie adulte des jeunes de la DPJ, classées en deux catégories : celles dont la réalisation relève de l’innovation et celles qui envisagent le renforcement des services ou des programmes déjà offerts. Par exemple :

    • Récolter et mobiliser les données en matière de transition afin d’obtenir un portrait clair de ce qu’il advient des jeunes en besoin de protection après l’âge de 18 ans ;

    • Créer un guichet unique d’information et d’orientation, regroupant en un seul endroit l’ensemble des programmes et ressources disponibles aux jeunes de la DPJ en transition vers la vie adulte ;

    • Mettre en œuvre un programme de pair-aidance, en couplant d’anciens jeunes des centres jeunesses avec un jeune en transition vers la vie adulte ;

    • Privilégier des méthodes alternatives d’enseignement adaptées aux jeunes en besoin de protection, notamment en valorisant leurs intérêts comme le sport ou la musique ;

    • Lutter contre la discrimination et le profilage des jeunes appartenant à des groupes minorisés, qui ont souvent plus de chances de se retrouver en contact avec le système de protection de la jeunesse.

  • Pour consulter le rapport : https://bit.ly/jeunesdpj

 

À propos de l’Observatoire québécois des inégalités

Basé à l’Université de Montréal, l’Observatoire québécois des inégalités éclaire avec des connaissances scientifiques vulgarisées les réflexions et les prises de décision qui concernent les inégalités de revenu, d’opportunité et de qualité de vie.

 

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Responsable des communications
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