Salle de presse

Les inégalités sont devenues un sujet contemporain de préoccupations, car il est de plus en plus admis qu’elles nuisent à la mobilité sociale, à la croissance économique et à la vie démocratique. Certaines conséquences de ces inégalités se sont manifestées au grand jour avec la crise sanitaire liée à la COVID-19. Les personnes les moins nanties ont dû se tourner vers des aides gouvernementales, alors que les mieux nanties ont pu accumuler de l’argent. Il est à craindre que ce contexte produise des effets à long terme sur les inégalités économiques, mais aussi sur les inégalités sociales et de santé. Or, certains groupes - comme par exemple les personnes à faible revenu ou occupant un emploi à bas salaire, les femmes ou les personnes immigrantes - étaient déjà touchés différemment avant la pandémie.

L’Observatoire québécois des inégalités est fier de dévoiler aujourd’hui un portrait détaillé des inégalités de revenu au Canada et au Québec ainsi que leur distribution selon diverses caractéristiques telles que le sexe, l’âge, le statut d’immigration ou le niveau de scolarité. Véritable arrêt sur image de l’année 2017, ce rapport se base sur des analyses statistiques, à plusieurs égards inédites, exploitant des données brutes, ainsi que sur différentes mesures (indice de Gini, indice de Palma, mesure de faible revenu et mesure du panier de consommation). En 2017, l’indice moyen de Palma au Canada indique que la somme des revenus individuels du marché détenue par les 10 % plus riches est 7,5 fois supérieure à la somme des revenus perçue par les 40 % moins nantis.

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L’effet réducteur des transferts gouvernementaux

Les transferts gouvernementaux sont à l’origine de plus ou moins deux tiers de la réduction des inégalités de revenu selon les provinces. Ils favorisent davantage la population québécoise : la province passe du 3e rang des moins inégalitaires pour le revenu du marché au 1er rang pour le revenu total (après transferts et avant impôt) et le revenu disponible (après impôt).

  • Globalement, en 2017, c’est au Québec et dans les provinces de l’Atlantique que les transferts gouvernementaux et les impôts ont le plus d’impact sur la réduction des inégalités de revenu.

  • Au contraire, c’est dans les Prairies et en Colombie-Britannique que leur incidence est moindre.

  • Les transferts gouvernementaux augmentent significativement le revenu total des familles des quatre déciles inférieurs (40 % les moins nantis).

Les transferts gouvernementaux paraissent plus efficaces comme facteur de réduction des inégalités de revenu que la progressivité de l’impôt au regard des données examinées. Toutefois, l’imposition permet de maintenir des services publics de qualité et de financer les transferts sociaux.

 

Les inégalités intragroupes davantage marquées

Si des inégalités de revenu existent entre certains groupes de la population, elles s’observent toutefois aussi à l’intérieur même de ces groupes. Ces inégalités fractionnent les groupes sociaux et témoignent de l’augmentation de situations hétérogènes malgré que ces personnes partagent des caractéristiques communes. Les inégalités de revenu apparaissent ainsi plus prononcées chez les célibataires ou les personnes vivant seules, les femmes, les jeunes, les personnes sans diplôme et les résidents temporaires. Ce sont d’ailleurs les mêmes sous-groupes qui sont en général davantage touchés par la pauvreté.

  • Les inégalités entre les femmes séparées, divorcées ou veuves sont très marquées pour le revenu du marché avec un indice de Palma de 47 contre 10 pour les hommes du même statut matrimonial au Québec.

  • Selon la mesure du panier de consommation, 15,6 % des personnes célibataires au Québec vivaient sous le seuil de faible revenu en 2017. Au Canada, ce taux grimpe à 16,5 %. Par contre, au regard de la mesure du faible revenu, ce sont plutôt les personnes séparées, veuves ou divorcées qui étaient 34 % à vivre sous le seuil de pauvreté en 2017, soit un taux trois fois plus élevé que celui des personnes mariées ou vivant en union libre.

  • Les 10 % plus riches personnes sans diplôme gagnent près de trois fois plus que les 40 % plus pauvres non diplômées au Canada, et près de deux fois plus au Québec.

  • Toutefois, si les individus sans diplôme sont moins inégalitaires entre eux au Québec qu’au Canada, ils présentent des taux de faible revenu un peu plus élevés dans la province. Ainsi, au Québec, 12 % des personnes sans diplôme vivent en dessous du seuil de faible revenu selon la mesure du panier de consommation. Pour ce qui est de la mesure du faible revenu, le taux est de 28 % pour les personnes sans diplôme, puis passe à 16 % pour celles possédant un diplôme d’études secondaires, à 12 % pour celles ayant un diplôme postsecondaire et à 10 % pour les détenteurs et détentrices d'un diplôme universitaire.

  • Chez les personnes ayant un statut de résident non permanent, la somme des revenus du marché des 10 % les plus riches est 16 fois supérieure à celle détenue par les 40 % plus pauvres au Québec, et 11 fois au Canada. Après transferts et impôt, les indices diminuent respectivement à 2,4 et 2,6.

  • Le revenu du marché montre que les 10 % femmes les plus riches gagnent 9,3 fois plus que les 40 % femmes les plus pauvres au Québec. En comparaison, il y a moins d'inégalités parmi les hommes avec un indice de Palma de 4,6.

  • Toutefois, après les transferts gouvernementaux et le prélèvement de l’impôt, les Québécoises les plus riches gagnent plutôt près de deux fois plus que les Québécoises les plus pauvres.

 

L’Observatoire tient à remercier Emploi et Développement social Canada pour son soutien financier

 

À propos de l’Observatoire québécois des inégalités

Basé à l’Université de Montréal, l’Observatoire québécois des inégalités est un courtier de connaissances qui éclaire avec des connaissances scientifiques vulgarisées les réflexions et les prises de décision concernant les inégalités de revenu, d’opportunité et de qualité de vie. observatoiredesinegalites.com

 

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