Impacts de la pandémie sur la pauvreté au Québec

 

La journée d’études « Impacts de la pandémie sur la pauvreté au Québec » vise à alimenter un débat critique sur le thème de la pauvreté en examinant comment elle est pensée, vécue et traitée en contexte de COVID-19. Elle entend susciter des discussions autour d’initiatives de recherches et d’actions publiques afin de mieux comprendre les usages sociaux de la pauvreté, comme conditions de vie, objet de connaissance, mobile de revendications et cible de politiques publiques. Il propose de réunir des chercheurs et des acteurs du milieu autour du thème de la pauvreté dans le but d’examiner comment elle est pensée, vécue et traitée en contexte de COVID-19 par les individus, les ménages, et les acteurs de l’assistance (les communautés, les États, les organismes humanitaires ou caritatifs).

 

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Impacts de la pandémie sur la pauvreté au Québec

Par son ampleur, sa gravité et ses conséquences économiques et sociales, la crise sanitaire liée à la COVID-19 représente, au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde, un véritable drame humain. Partout sur la planète, elle fragilise les systèmes économiques, sanitaires et sociaux. Tout porte à croire qu’elle continuera à avoir des répercussions à court, moyen et long terme sur le développement territorial, le mouvement des populations, les finances publiques, l’évolution des politiques fiscales et sociales, etc. Certaines répercussions de la pandémie sont bien connues.

Elle bouleverse notre quotidien, tant à l’échelle individuelle (mesures barrières, perte d’emploi ou nouvelle organisation du travail, isolement, mutations des liens sociaux, perturbation des habitudes quotidiennes) que collective (couvre-feu, confinement, inaccessibilité de certains biens et services, stigmatisation de certains groupes). Elle entraîne un lot de craintes, de stress et d’incertitudes. Elle chamboule nos conditions d’existence et notre manière de vivre en société. Ces effets sont pourtant inégalitaires ; ils affectent davantage et en priorité certains groupes de la population, notamment les femmes, les jeunes (notamment aux études), les personnes aînées, les personnes issues de l’immigration, les personnes racisées, les personnes autochtones, les personnes en situation d’itinérance, les personnes en situation de handicap.

La crise sanitaire tend pour ainsi dire à exacerber les inégalités déjà présentes dans la société, en agissant comme accélérateur de certains processus structurels déjà en cours depuis plusieurs décennies. Beaucoup de travaux ont observé les inégalités face à l’exposition au virus, la disparité sociale des vulnérabilités et de grandes différences dans la prise en charge des formes sévères de l’infection due à la COVID-19. Au Québec, le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (2021) a publié un avis préliminaire sur les impacts de la pandémie sur les populations vulnérables, dans lequel il dresse un diagnostic implacable des effets de la pandémie, en particulier chez certains groupes vulnérables de la population : aggravation des écarts entre travailleurs et travailleuses, fragilisation des jeunes, exacerbation de la précarité des personnes seules et des couples sans enfant, aggravation de l’insécurité alimentaire, aggravation de l’itinérance et des problèmes de logement, extension de l’isolement social, aggravation des problèmes de santé mentale, accroissement des inégalités numériques, accentuation des disparités de conditions de vie et d’accès à certains services, etc. La pandémie a accentué les problèmes de rupture de stock, d’inflation et de précarité au travail.

Cette journée d'études vise donc à rassembler des contributions originales incluant des études de terrain, des études de cas ou des retours d’expériences ainsi que des réflexions plus larges sur les impacts de la pandémie sur la pauvreté au Québec. Pour orienter les contributions possibles de toutes les disciplines en sciences humaines et sociales (sociologie, science politique, anthropologie, économie, travail social, relations industrielles, droit, etc.), trois axes de travail sont proposés : l’état des lieux, les voix du terrain et les politiques publiques.

 

Axe 1 : État des lieux

Ce volet, qui couvre tout l’éventail des réalités et des représentations qu’évoque le concept de pauvreté, prend assise aussi bien sur des études de cas que sur des analyses comparatives. Les participantes et participants sont invités à mettre en rapport la conjoncture de la pandémie, les tendances lourdes de notre temps — expansion du néolibéralisme, transformations de l’État-providence, changements climatiques — ainsi que l’évolution de la pauvreté, des inégalités de revenus et des conditions sociales. La réflexion peut partir des questions suivantes :

  • Quels sont les principaux impacts de la pandémie sur la pauvreté au Québec ?
  • La pandémie a-t-elle eu des répercussions sur notre représentation de la pauvreté, ou encore sur l’acceptabilité sociale des programmes d’assistance ?

 

Axe 2 : Voix du terrain

La journée d’études vise aussi à croiser les perspectives en vue d’une compréhension plus large des définitions et représentations, des expériences et des interventions ciblant le phénomène de pauvreté en contexte pandémique. Plus concrètement, elle vise à mettre en dialogue les savoirs universitaires, les savoirs expérientiels et les savoir-faire du milieu.

  • Qui parle des personnes en situation de pauvreté pendant la pandémie ? Pour dire quoi ?
  • Que disent les personnes en situation de pauvreté et les autres acteurs et actrices du milieu sur les enjeux de la pandémie concernant la pauvreté ?
  • Comment les rapports sociaux en contexte de pandémie influencent-ils la pauvreté et comment en retour celle-ci façonne-t-elle les rapports sociaux ?

 

Axe 3 : Politiques publiques

La pandémie a contribué, semble-t-il, à un éveil de conscience sur les enjeux reliés aux inégalités économiques et sociales, grâce auquel les interventions sociales des gouvernements et des organismes communautaires semblent bénéficier d’une meilleure acceptabilité sociale. Au-delà de l’évaluation des politiques publiques (pertinence, financement, efficacité des mesures), cet axe invite à une réflexion critique plus générale sur la finalité de la lutte contre la pauvreté

  • Pourquoi lutter contre la pauvreté au XXIe siècle ? Pour l’édification d’un monde commun, la réalisation d’un idéal de justice, la garantie des droits de la personne ou la protection sociale du citoyen ?
  • La lutte contre la pauvreté serait-elle le prisme à travers lequel se pensent désormais les nouvelles questions sociales et politiques ?

 

Cette partie de la programmation prendra fin avec une table ronde organisée dans le but de débattre des recommandations d’actions.

 

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Soirée de clôture

La journée d’études s’achèvera en soirée avec une conférence de clôture et une cérémonie de remise du prix Lumières sur les inégalités. Ce prix de l'Observatoire québécois des inégalités récompense cette année une œuvre accessible et érudite qui a contribué de façon significative au débat public sur les inégalités sociales et deux travaux d’étudiant.e.s de cycles supérieurs, l’un pour l’excellence de la recherche et l’autre pour l’excellence du travail de vulgarisation des connaissances sur les inégalités.

 

 

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