Inégaux face au coronavirus

En seulement deux mois, le coronavirus est passé d’une menace lointaine à une pandémie mondiale doublée d’une inévitable récession, qui affectera toutes les facettes de notre société. Si cette crise inédite obligera l’ensemble de la population à faire des sacrifices, certains groupes sociodémographiques seront plus touchés que d’autres. Cette analyse propose un survol des principaux effets probables de la crise sanitaire provoquée par la propagation de la COVID-19 au Québec et au Canada, ainsi que des mesures concrètes pouvant être adoptées pour en limiter les conséquences.

 

Faits saillants

  • Certains groupes sociodémographiques sont davantage touchés par la COVID-19 et la crise tant sanitaire que socioéconomique qui en découle, comme les femmes, les personnes aînées ou en situation de pauvreté, certains groupes ethnoculturels comme les communautés d’origine asiatiques, les communautés autochtones éloignées, ainsi que les personnes ayant une maladie respiratoire, immunodéprimées ou atteintes de maladies chroniques. Cette analyse propose un survol de ces conséquences, ainsi que des mesures concrètes pouvant être adoptées pour en limiter l’impact.

  • Les conditions associées à la pauvreté affectent directement la santé des personnes, ce qui pourrait les rendre plus vulnérables à la contamination. Elles sont également plus nombreuses à occuper des emplois précaires et à faible revenu requérant un contact humain direct, augmentant leur exposition aux risques.

  • Selon les dernières estimations, 10 % de la population québécoise ne parvient pas à couvrir ses besoins de base. De plus, près de la moitié de la population canadienne considère être à un chèque de paie de la faillite personnelle en cas d’imprévu.

  • L’isolement social actuel affecte plus particulièrement certains groupes, dont les personnes aînées et les individus ayant déjà un faible réseau social. Au Québec, 19 % des personnes de 65 ans et plus et 22 % des personnes vulnérables ne bénéficiait pas d’un soutien social fort avant la crise sanitaire.

  • Les femmes seraient plus vulnérables aux conséquences des pandémies, notamment parce qu’elles sont surreprésentées dans les emplois en santé et services sociaux, et la surcharge de travail domestique et parental risque d’accroître leur charge mentale.

  • Outre les nombreuses initiatives gouvernementales annoncées, plusieurs mesures additionnelles pourraient être adoptées, comme la création d’un comité consultatif réunissant les principaux experts et organisations œuvrant auprès des plus vulnérables pour identifier en temps réel les enjeux auxquels ces groupes font face, la production d’analyses pour mieux évaluer leurs besoins et l’impact des politiques.

  • D’autres mesures sont également envisageables, notamment le renforcement de la coopération internationale, un soutien accru aux organismes communautaires, un effort national de recrutement de bénévoles à distance et de don de matériel informatique pour réduire l’isolement des personnes vulnérables.

  • Notons également la protection face aux créanciers, notamment par un moratoire temporaire sur les obligations financières désormais impossibles à atteindre pour les personnes les plus durement touchés et en s’assurant que les agences de crédit ne pénalisent pas la cote de crédit de ces personnes.

  • L’étude a été réalisée en partenariat avec l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), Mission inclusion et Oxfam Québec.

                  

 

 

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