Les populations moins nanties pendant la pandémie : résultats de sondage

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L’ampleur de la crise sanitaire liée à la COVID-19 et de ses répercussions socioéconomiques est majeure et inédite. Plusieurs études ont mis en relief les conséquences disproportionnées de cette crise pour diverses populations. L’Observatoire propose de porter une attention particulière aux populations appartenant aux 40 % moins nanties sur la distribution de l'ensemble des revenus. Cette fraction assez large de Québécois et Québécoises peut disposer de revenus faibles ou modestes, mais aussi se trouver à la limite de ces seuils et appartenir à la classe moyenne.

Le Projet résilience vise à approfondir les connaissances sur les conséquences de la pandémie de COVID-19 et à préparer l’après-crise sous l’angle multidimensionnel des inégalités.

Quelles leçons peuvent être tirées de cette crise inédite notamment sur l'intervention publique auprès des personnes moins nanties ? Comment favoriser ou renforcer la résilience des populations désavantagées sur le plan socioéconomique ? Telles sont les questions qui guident l'ensemble du Projet résilience. 

Ce rapport synthèse est le premier d'une série de 4 rapports complémentaires, comprenant un suivi qualitatif par entrevues pour compléter les données du sondage présenté ici.

 

Plus d'un an après le début de la crise sanitaire, les difficultés et les besoins sont-ils aussi aigus qu'au cours des premiers mois ?

Le rapide déploiement de soutiens financiers des gouvernements dans les semaines qui ont suivi la déclaration de l’état d'urgence sanitaire aura certainement aidé de nombreux ménages. Mais pendant que ceux qui faisaient face à des pertes financières pouvaient se tourner vers des aides gouvernementales, puiser dans leurs économies, ou s'endetter, d'autres pouvaient saisir des occasions d'accumuler de l'épargne ou d'investir. Les individus sont inégaux, non seulement face à la COVID-19, mais aussi dans leur capacité à s'adapter à cette crise inédite. En période de confinement et autres mesures préventives visant à limiter la propagation de la COVID-19, la résilience a tenu un rôle crucial sur le maintien du bien-être physique, mental et social ainsi que sur la sécurité financière.

 

Des défis toujours bien présents après les trois vagues

Les personnes sondées ont bénéficié de plusieurs aides gouvernementales. Mais certaines ont également dû se tourner vers diverses stratégies pour parvenir à combler leurs dépenses de base. Ainsi, 1 personne sondée sur 4 s'est endettée pour continuer à subvenir aux besoins du foyer en recourant davantage au crédit à la consommation. Un autre quart des répondants et répondantes ont dû puiser dans leurs économies.

Cela explique probablement pourquoi, malgré le soutien apporté par les aides financières d'urgence ou bonifiées, une large majorité de répondants et répondantes rapportaient des difficultés de plusieurs ordres plus d'un an après le début de la crise sanitaire. Vers la fin de la troisième vague, à l'été 2021, les finances personnelles représentaient un problème pour un peu plus de 1 personne sur 3 parmi la population sondée faisant partie du 40% moins nanti. Dans des proportions similaires, les répondants et répondantes se disaient préoccupés par leur santé physique et mentale. De nombreuses études ont d'ailleurs mis en évidence la détérioration de la santé psychologique de la population québécoise pendant la pandémie. Le présent sondage révèle aussi un sentiment d'isolement ressenti par 1 personne sur 3 malgré la période estivale et l'assouplissement des restrictions au moment de l'enquête.

Après trois vagues de COVID-19, les besoins étaient toujours importants dans l'échantillon de personnes moins nanties, en particulier en matière de soutien financier, de soutien psychologique, de soins de santé et d'abordabilité du logement.

 

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