Baromètre des inégalités

Évolution des inégalités au Québec pendant la crise liée à la COVID-19

Le Baromètre des inégalités est une publication mensuelle dont l'objectif principal est de mesurer l'augmentation des inégalités depuis le début de la crise liée à la COVID-19, et de suivre leur évolution, mais aussi de fournir des informations pertinentes aux décideurs vis-à-vis de certaines inégalités persistantes malgré un éventuel retour à la normale.

Le projet bénéficie des conseils d'un Comité aviseur, formé de la direction d'une vingtaine d'organisations incontournables dans leurs domaines respectifs, ainsi que d'un Conseil scientifique, rassemblant une quinzaine d'expert.e.s éminent.e.s. 

 

 

Méthodologie et indicateurs utilisés

Cet outil comprend une série d'indicateurs publiés mensuellement au Québec et regroupés selon quatre types d'inégalités : la précarité économique, l'exclusion sociale, la détresse émotionnelle et les inégalités de reprise. La fréquence de publication des indicateurs a donc nécessairement limité leur nombre. 

Pour tous les indicateurs, des données mensuelles ont été collectées. Les données peuvent être groupées en trois catégories. Certaines sont des données statistiques, dont une part importante provient de l’Enquête sur la population active réalisée mensuellement par Statistiques Canada. Certaines données ont également été extrapolées de données du recensement de 2016 de Statistiques Canada, à la lumière des données mensuelles publiées. D’autres données sont issues de questions de sondage construites par l’Observatoire, soumises à un échantillon représentatif de la population québécoise via un sondage omnibus de Léger. Enfin, plusieurs partenaires issus du milieu communautaire et d’organismes gouvernementaux nous ont permis d’obtenir de précieuses données reflétant leurs réalités respectives.

Une fois ces données collectées, nous les avons converties pour mesurer l’impact de la crise sur ces indicateurs. Pour ce faire, un système d’indice base 100 a été utilisé. Pour toutes les données analysées, février 2020 a été choisi comme point de départ, en allouant à la valeur de l’indicateur à ce moment la valeur 100. À noter, la situation de février ne représente pas une situation d’égalité ou une situation idéale vers laquelle nous devrions nécessairement aspirer, puisque certains besoins ou écarts socioéconomiques étaient déjà élevés avant la crise.

Les données obtenues ont ensuite été traduites sur une échelle de 0 à 10, zéro étant le point le plus bas atteint par la donnée entre février et mai 2020 et 10 le plus élevé. Cette méthode nous permet de comparer les différents indicateurs sur une même échelle et d’en tirer des conclusions sur l’évolution des différentes inégalités et de la situation globale au Québec.

La méthodologie complète est disponible dans le rapport.

 

La précarité économique fait référence aux inégalités entre les personnes en situation de précarité économique et le reste de la population. Ces inégalités placent les personnes en situation de précarité économique dans d’une situation de privation, de pauvreté et de profonde incertitude quant à leur situation dans un avenir rapproché. Les paramètres sur lesquels nous nous penchons ici sont ceux de l’emploi des personnes moins nanties, du taux de chômage, du niveau d’inquiétude financière et d’insécurité alimentaire.

L’inégalité d’exclusion sociale représente la marginalisation socioéconomique de groupes de la population par rapport au reste de la population en raison de certaines caractéristiques définissant leur identité sociale. Nous nous penchons ici sur les inégalités au Québec d’exclusion à l’emploi des femmes, des jeunes et des personnes ayant récemment immigré au Canada.

Les inégalités liées à la détresse émotionnelle s’établissent entre les personnes vivant en situation de détresse émotionnelle et le reste de la population, les plaçant en situation de souffrance psychologique et de désarroi, une forme d’inégalité de santé résultant parfois d’autres inégalités socioéconomiques. Nous nous intéressons ici aux demandes de soutien en santé mentale et dépendance ainsi qu’à la détresse psychologique des adultes.

Les inégalités de reprise concernent les inégalités entre les mieux nantis et le reste de la population en termes de retour à la normale plus rapide pour ce groupe privilégié, étant donné leurs « meilleurs » emplois ou leur patrimoine financier plus important. Nous observons ici les inégalités face à l’exposition à la COVID-19 dans les régions les plus riches, à l’emploi dans les industries les mieux payants versus l’ensemble de la population, ainsi qu’à l’écart entre le marché financier et le marché de l’emploi.

 

Éditions du Baromètre des inégalités

Le Baromètre est publié mensuellement, tout en tenant compte de la disponibilité des données lorsque nécessaire.